Asthme: les bons gestes de la crise

Plusieurs problèmes se posent, selon les pneumologues. Non seulement, une partie des patients asthmatiques ne sont pas diagnostiqués, mais en plus quand ils le sont, leur asthme est mal évalué et mal contrôlé. En outre, on observe une mauvaise observance des traitements et des retards de réaction en cas de crise sévère. Les patients s’habituent à mal respirer et sous-estiment les symptômes”. Si l’acceptation de la maladie est difficile, les patients ne sont néanmoins pas les uniques responsables : le problème vient également des soignants, qui minimisent eux aussi la pathologie asthmatique. Et cela peut mener à des situations dramatiques dont l’issue peut malheureusement être fatale

Difficultés pour respirer, pour parler, inefficacité de la Ventoline (Salbutamol)… aller immédiatement aux urgences

L’asthme est une maladie respiratoire chronique due à une inflammation des bronches. Elle se caractérise par des épisodes de gêne respiratoire (essoufflement), de respiration sifflante, de toux sèche ou de sensation d’oppression dans la poitrine. De temps en temps, une crise peut survenir de manière inhabituelle. Les malades et l’entourage, parfois aussi les médecins, pensent à tort, que la crise est passagère. En réalité, il s’agit d’une urgence vitale, susceptible de mettre la vie en danger. Selon les données épidémiologiques, des pics d’hospitalisation sont observés à deux périodes de l’année, un pendant la période automno-hivernale et l’autre pendant la période des pollens. Tous les asthmatiques, quel que soit le degré de sévérité de leur asthme sont susceptibles d’être confronté à une crise d’asthme. Deux cas de figures peuvent se présenter : soit la crise survient brutalement, soit elle fait suite à une période de plusieurs jours pendant lesquels l’état de l’asthmatique s’est progressivement aggravé. Le résultat est le même : les bronches sont tellement enflammées que l’asthmatique ne parvient plus à respirer efficacement. Concrètement, l’air ne passe plus, ce qui entraîne un effort intense pour inspirer et expirer.

Plus on agit tôt, moins l’état va s’aggraver et plus la prise en charge sera efficaceLes signes sont sans équivoque. D’abord, il faut retenir l’aspect inhabituel de la crise, signe d’une urgence. L’asthme est une pathologie chronique, donc à partir du moment où le malade appelle à l’aide, cela doit alerter. Les signes sont facilement identifiables : l’asthmatique éprouve une grande difficulté à respirer, sa respiration est rapide et courte et il a du mal à parler.L’autre signe qui doit alerter, poursuit-il, c’est la résistance au traitement”. Concrètement, si l’état ne s’améliore pas malgré plusieurs prises de bronchodilatateur, alors il faut agir vite. Les traitements d’urgence, on les connait et on sait qu’ils sont efficaces, alors il ne faut pas attendre. 40% des asthmatiques qui passent aux urgences ne reçoivent pas de corticoïdes alors que cela devrait être le cas pour tous. La plupart du temps, soit la sévérité de l’asthme n’est pas reconnue, soit on a peur d’administrer des corticoïdes en cas de pathologies infectieuses associées. Or, ce n’est pas grave de sur-traiter un asthme qui n’est pas sévère, mais c’est gravissime de le sous-traiter !.

Que faire cas de crise d’asthme ?

  • Prendre immédiatement 2 bouffées du bronchodilatateur.
  • S’asseoir droit, rester calme, respirer lentement et régulièrement.
  • En l’absence d’amélioration, prendre encore 2 bouffées du bronchodilatateur.
  • Si la crise persiste, prendre jusqu’à 10 bouffées toutes les 20 minutes (3 fois en 1 heure) pour l’adulte et l’adolescent, jusqu’à 5 bouffées toutes les 20 minutes (3 fois en 1 heure) pour l’enfant de moins de 6 ans.
  • En l’absence d’amélioration dans l’heure, prendre le corticoïde prescrit par le médecin, appeler les urgences et continuer à prendre ses bronchodilatateurs.

Retenez qu’il est toujours plus prudent de contacter les Urgences, que de laisser les choses s’aggraver. Il ne faut jamais tenter de venir à l’hôpital  par ses propres moyens en cas de crise d’asthme sévère ou inhabituelle, ni se faire accompagner en voiture par son entourage. En effet, une aggravation brutale en cours de route risque de se produire, et mettre en jeu le pronostic vital.”

Mieux prendre en charge les patients après la crise

Il faut éviter de revenir aux urgences et c’est malheureusement ce qui se passe trop souvent, faute de prise en charge et de suivi adapté après l’hospitalisation. Beaucoup d’asthmatiques qui sortent des urgences refont une crise dans le mois qui suit, c’est énorme ! La raison ? Une fois la crise prise en charge, les patients sont lâchés dans la nature, sans suivi médical ou consultation programmée avec un pneumologue. Ils pensent que ça va aller et minimisent les risques. il faut insérer les patients dans des parcours de soins, et améliorer la coordination entre soignants. Très souvent, un patient passe aux urgences, sans que son généraliste n’en soit informé et à l’inverse, l’urgentiste qui voit un patient n’a pas accès aux comptes rendus des médecins spécialistes. Il faut aussi renforcer les liens entre services d’urgences et pneumologues pour améliorer le suivi.

kinkeleeba